ÉDITORIAL

 

DE L’EVOLUTION A LA MUTATION.

 


Nul ne peut nier que la sexologie française n’ait cessé d’évoluer depuis près de trente-cinq ans grâce à l’enthousiasme ou l‘opiniâtreté selon les nécessités et les époques, portée par les avancées scientifiques dont nos disciplines ont bénéficié. Depuis douze ans, en lisant Sexologos, bulletin d’information de notre société, vous avez pu vous informer, réfléchir et prendre le temps de relire les principales communications de nos congrès annuels.

Ce numéro est spécial car il est consacré entièrement au trente troisième congrès de la SFSC dont le programme a balayé le champ multidisciplinaire des confrontations en santé sexuelle.

Des confrontations nous en avons connues beaucoup, que ce soit sur le plan scientifique, le plan relationnel ou l’éthique ; elles ont concouru à notre évolution, ont aidé à notre maturation et nous ont permis de renouveler notre énergie créatrice tant et si bien que nous nous en souhaitons beaucoup d’autres !

Une de nos amies s’est attachée récemment à nous faire écrire l’histoire de la sexologie française ; l’histoire, comme chacun sait, étant d’abord une dynamique, nous sommes très heureux d’accompagner la reconnaissance de la pratique médicale sexologique sous forme d’accréditation à la validation des exigences de formation continue.

L’évolution de la sexologie ne peut aller à contre courant de l’évolution de la pratique médicale en général, et, si notre génération a âprement bagarré pour que la formation de base en sexologie soit reconnue par les autorités et les patients, il nous incombait aussi de tout mettre en œuvre pour que notre prise en charge, si globale dans sa spécificité, et notre compétence de soignant en santé sexuelle, trouvent leur place indiscutable au sein de la communauté médicale.

Ainsi nous franchirons le pont indispensable entre évolution et mutation : cela se fera théâtralement lors de l’ouverture des ASSISES de sexologie et santé sexuelle que la SFSC et l’AIHUS co-organisent du 3 au 6 avril 2008 à Strasbourg.

Des Assises de réflexion, de partage, de projection dans l’avenir, nées de la volonté d’un travail en commun malgré l’histoire et les cultures différentes et en dépit des craintes de perte identitaire qui n’ont pas manqué d’y faire obstacle.

Cette mutation est une autre façon d’envisager l’avenir, de faire le pari que :
- la santé sexuelle sera plus que deux jolis mots dans des projets pavés de bonnes intentions ;
- les patients seront mieux informés, mieux soignés, mieux respectés dans leur détresse.

Les organismes sociaux et les gouvernances cesseront de parler de «soins de confort» quand il s’agit de dignité humaine.

Les sexologues se mobiliseront en nombre pour continuer à se former, à chercher, à réfléchir dans leur discipline.

Alors faisons notre propre mutation tous ensemble maintenant, servons nous des fondements de notre histoire pour porter l’évolution de notre discipline dans un projet fédérateur.
 

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LE BUREAU DE LA SFSC.

 
 

 

 

 

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Sexologos N°30

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