ÉDITORIAL

 

SUR LA LANCÉE




Le 15ème Congrès Mondial de Sexologie vient à peine de se terminer à Paris au Palais des Congrès que nous voilà tous de nouveau au travail.

Travail de mémoire d’abord : c’est ce que fait ce numéro spécial de Sexologos, qui permettra de se souvenir qu’après 1974, Paris a de nouveau accueilli les sexologues du monde entier, et de quelle manière !
3000 participants venus de 87 pays différents nous ont rappelé que la sexologie fait désormais partie intégrante du paysage médical universel ?
1054 communications, triées et réparties par le Comité Scientifique, dirigé par le Pr PASINI et dont je ne saurai assez vanter la qualité du travail fourni, le sérieux des engagements et la convivialité partagée rendant plus humaine la tâche gigantesque.
21 sessions plénières, 87 symposia, des ateliers, des forums de rencontres, des salles travaillant sans relâche de 8 heures du matin à 19 heures, y compris au déjeuner, telles sont les premières impressions recueillies signant définitivement, le sérieux, la qualité, l’envie de partager au-delà des barrières des langues, même si les sessions plénières étaient traduites en anglais, français et espagnol.

Travail de réflexion ensuite : jamais un congrès de la World Association for Sexology (WAS) n’avait eu un tel écho à la fois dans la densité de sa participation et dans les médias. Cette réussite exceptionnelle est due à l’arrivée dans notre environnement de l’Internet et des mails, qui ont permis une dissémination mondiale des informations concernant ce congrès, et de l’implication à un niveau sans précédent des laboratoires pharmaceutiques dont l’aide précieuse a permis de faire venir tous les plus grands scientifiques dans le domaine de la Santé Sexuelle.
C’est maintenant le point de départ d’une réflexion en profondeur concernant ce concept de Santé Sexuelle, dont la WAS a fait son cheval de bataille, au point d’être la cheville ouvrière du futur document de l’OMS, qui sera signé en Janvier 2002.
Cette Santé Sexuelle, que nous aidons nos patients à retrouver, c’est aussi notre référence morale par rapport à nos instances dirigeantes. 
Le Ministre de la Santé, Monsieur Kouchner en a compris les enjeux, lui qui nous a adressé une lettre pleine d’espoir et de lucidité.
Réflexion aussi par rapport à l’universalité de la sexualité dont les barrières à l’expression tomberont définitivement, je l’espère.

Travail d’identité enfin :
La sexologie française, regroupée dans ce congrès, toutes tendances confondues, a su dépasser les clivages et les dissensions pour s’affirmer en adulte et responsable. 
Désormais nous continuerons tous à aller dans ces trois directions, afin d’avoir des thérapeutes capables d’appréhender les problèmes dans leur globalité et faire enfin preuve d’un esprit d’équipe et d’une rigueur scientifique que tout le monde attend désormais dans les grands congrès internationaux.

C’est pourquoi, la SFSC a proposé la création d’une commission d’étude, afin de regrouper toutes les forces vives de la sexologie française dans une structure unique, vivante, interactive et multidisciplinaire dont l’élaboration assurera la pérennité de l’idée que l’on travaille dans le champs de la sexologie, par passion des autres et donc un peu de soi.
J’ai eu le bonheur et l’honneur de présider aux destinées de ce 15ème Congrès Mondial de Sexologie et je tiens ici à dire que j’ai toujours vécu cette distinction avec un seul sentiment : le partage. 


Docteur Marc GANEM

 

 

 

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Sexologos N°12

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