ÉDITORIAL

Business as usual.

 

«Business as usual» … expression teintée de mélancolie, d’optimisme, de fatalisme, c’est selon.
Alors tentons de prononcer cette injonction dynamiquement et malgré les deuils, les incertitudes et la défiance actuelle vis à vis de la médecine en général et des soins réputés non-vitaux en particulier, cherchons dans les excellentes communications que nous offre ce nouveau numéro de SEXOLOGOS de vraies raisons de continuer à faire de notre profession un champ de recherche et de perfectionnement.

Nous trouvons dans ces pages ce qui a toujours fait la qualité de notre pratique : la multidisciplinarité et l’ouverture d’esprit, chacun apprenant et s’enrichissant de l’autre, la parole des experts exigeant réflexion et remise en cause, les questionnements trouvant des réponses et les perspectives ouvertes sur la Santé Sexuelle nous remettant face à nos responsabilités dans l’accueil et la prise en charge de nos patients.

A ce propos, et ces chiffres en augmentation sont terrifiants, les actes de violence envers les femmes ont fait l’objet de 47500 déclarations l’an dernier, plus de 600 d’entre elles en sont mortes. La société, la famille…sont certes responsables mais les soignants du monde de la santé sexuelle doivent se sentir concernés et travailler à proposer des solutions après y avoir réfléchi comme nous avions commencé à le faire à Strasbourg.

Prenez le temps de lire ces articles dans la perspective des Assises 2009, et permettez moi de souhaiter que cela vous rende impatients de nous retrouver pour continuer le défrichage du vaste terrain que l’on nomme «le couple». Ne nous voilons pas la face, il y a encore beaucoup à faire et à conceptualiser pour sortir de la cacophonie et tenter de poser les bases d’une pratique thérapeutique justifiée, saine, éthique et efficace.

Nous avons au moins la volonté et la ténacité de poursuivre, mais nous sommes tous bien
conscients que la nécessité de l’engagement de chacun est la clef de voûte de notre réussite.

A méditer…
Petite suite qui n’a rien à voir (quoique…) On a demandé à un Maître spirituel ce qui le surprenait le plus dans l’humanité et il a répondu : «Les hommes…parce qu’ils perdent la santé pour accumuler de l’argent ; ensuite ils perdent de l’argent pour retrouver la santé.

Et à penser anxieusement au futur ils oublient le présent de telle sorte qu’ils finissent par
bien vivre ni le présent, ni le futur. Ils vivent comme s’ils n’allaient jamais mourir, ils meurent comme s’ils n’avaient jamais vécu.»

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Dr Nicole Arnaud-Beauchamps
Vice-présidente de la SFSC

 
 

 

Éditoriaux 

Sexologos N°32

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